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Ijime [The Gazette]

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Japan Lover
Seven Daisuke
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Localisation : La baie de Tôkyô, tout au fond...
Date d'inscription : 14/07/2008
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Mer 13 Aoû - 13:14

Elle s'y remet, là, doucement mais sûrement x')
J'lui redemande tout les jous, la pauvre, elle ferait mieux de m'envoyer chier xD
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Lun 18 Aoû - 10:17

Non tu as entièrement raison et j'ai très honte de moi u_u

(je vais peut etre posté un autre début de fic que j'ai ecris il y a longtemps en attendant tiens)
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Lun 18 Aoû - 10:57

ben pourquoi pas =)
n'empeche que j'attend quand meme avec impatiece la suite!!!!>_<
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Lun 25 Aoû - 18:26

oui, c'est pas plus mal =) Mais je veux quand meme avoir la suite x)
Franchement c'est une des meilleures que j'ai lue <333
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Dim 5 Oct - 14:16

bon j'avoue ça fait un moment que je suis pas venue --''
mais faut pas croire que j'ai abandonné de savoir la suite hein!!!>_<
en plus elle est toujours pas la cette suiiiite
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Ven 7 Nov - 19:31

Dommage qu'elle n'avance plus, j'aime beaucoup ta story !
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Dim 30 Nov - 16:39

eeeeeeeeeeeuuuuuuuuuuuuuhhhhhhhhhh...........
me dite pas que cette fic a été arrêter ?????T_T
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Sam 6 Déc - 21:05

Nyaaa, je veux la suiite moi !
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Dim 7 Déc - 18:32

Me revoila INDIGNE que je suis mais ENFIN de retour pour vous poster un chapitre ! *champagne*
Je vous remercie encore une fois du fond du coeur pour m'avoir soutenu jusqu'au bout, de m'avoir poussé à continuer m(_ _)m
Il m'en aura fallu du temps mais j'y suis finalement arrivé et me voila avec le chapitre qui sera consacré à Uruha.
Je l'ai coupé en deux, mais il est construit comme le précédent : une partie flash back, une partie "non flash back" pourquoi ?
1) ce chapitre promet d'être trèès long (Uruha m'inspire)
2) Je ne pouvais pas vous faire attendre plus longtemps, et je trouve la longueur de cette partie suffisante (non ? ç_ç)

Comme ca fait terriblement longtemps que je n'ai pas posté de suite, je suppose (et c'est tout a fait normal) que vous avez oublier les chapitres précédents aussi je me permet de faire un petit résumé afin de vous remettre dans le bain ^w^

Petit résumé des épisodes précédents : (un tiret par chapitre)

Spoiler:
 

Je ne vous met pas les chansons à écouter en lisant, je vous fais juste une liste (non complète tellement il y en a eu) des chansons qui m'ont inspirés :

- Agony (Gazette)
- Abel to Cain (D'espairs)
- Born (D'espairs)
- Burial Applicant (Gazette)
- 4 minutes (Madonna, Justin Timberlake)
- Harder better faster stronger (Daft Punk)

et tant d'autre

Je ne suis bien sur pas totalement satisfaite de ce chapitre, mais si j'avais du attendre de l'être vous l'auriez eu que dans 10 ans -_-
Pardon pour les fautes d'orthographe si vous en voyez n'hésitez pas
Après ce long blabla voila comme promis le chapitre, les commentaires (positifs comme négatifs) seront vivement appréciés !


Chapitre 8
[Spécial Uruha]
Partie 1


De nouveaux les grattes ciel de Tôkyô firent leur apparition, de nouveau Uruha sentit son cœur battre à tout rompre et une angoisse paralysante l’envahir.


~*~ Flash Back ~*~


Je déteste ma vie...Mes draps sentent la lavande, la robe de ma mère n’a pas un faux pli, pas une mèche de cheveux ne dépasse de son chignon, je ne connais pas la poussière, pas une trace de doigt sur le miroir, pas une imperfection sur mon visage, pas même, une petite cicatrice.

J’ai envie de tout détruire, j’ai envie de voir ce petit monde puant de perfection se changer en un délice de bordel absolu. Je veux arracher les rideaux bien droit de cette douche brillante, je veux aller dans le jardin et arracher ses fleurs immondes de beauté, je veux m’éventrer rien que pour perturber un temps soit peu le merveilleux univers dans lequel j’évolue…Non, dans lequel je pourris.

- Où vas-tu Atsuaki ?
- Je sors.
- Amuses-toi bien et ne rentre pas trop tard !
Cette phrase tu n’étais pas forcée de me la dire, je la connais par cœur, je pourrais te la réciter, avec l’intonation, tu la prononces à chaque fois que je franchis cette porte, toujours le même son dans ta voix. Parfaite mère de cette parfaite maison dans cette parfaite famille de ta joyeux de vie parfaite.


J’arpente les rues de Tôkyô. Feu rouge on attend, feu vert on passe et TOUT le monde le fait. Pas un n’est foutu de traverser au rouge…Pas un. On marche droit, pas de faux pas on ne court pas on ne s’arrête pas on va à un endroit précis et pas un autre et si quelqu’un déroge à la règle on l’enferme et on l’enterre bien profondément pour qu’il ne dépasse plus.

Quel est ce quartier dont Reita m’a parlé…Celui où il ne faut pas aller, celui où il y a des yakuza et des putes à tous les coins de rues ? Ha oui, Kabukichô. Je demande le chemin à un passant, il a l’air offusqué par ma question mais son hypocrisie japonaise reprend le dessus et il m’indique poliment le chemin. Je regarde la direction à suivre. C’est peut être mon esprit qui me joue des tours mais tout semble s’assombrir dans cette direction et m’attire irrémédiablement.

Tel un aimant, je me dirige donc vers ce dédale de ruelles sombres, plus je m’y enfonce plus je m’y plais. Rien n’est à sa place ici, tout viole les règles de la bonne société japonaise. Un homme qui n’est plus que le spectre d’un salaryman, achève son énième bouteille, laissant la moitié du liquide couler le long de sa gorge, avachi dans un caniveau ; il scande maladroitement un air inconnu.

Des bras entourent mon buste et une main tenant un sachet de poudre blanche m’arrache à ma contemplation. Un homme dont l’haleine fétide laisse un parfum de sake dans mes narines, me propose sa drogue à bon prix.

Je refuse sans politesse et dégage d’un geste méprisant son bras de mon épaule avant de continuer mon chemin dans ce méandre de débauche. A l’entrée de ce qui semble être une boite de nuit un groupe de jeunes femmes peu vêtues me lorgnent de leur yeux de biches faussement agrandis au maquillage. L’une d’elle plus entreprenante s’avance d’un pas féminin vers moi. Comme toutes les femmes, son physique m’indiffère profondément et son air frustré me montre qu’elle aimerait me faire plus d’effet que cela.

- On t’as jamais vu ici mon chou, d’où tu sors ?

Sa voix abîmée par la cigarette m’indique que cette femme est plus âgée que je ne l’imaginais et l’odeur qu’elle dégage me fait froncer le nez. Est-elle désespérée au point de devoir se saouler pour exercer son métier sans ressentir l’envie de crever ? Son fort accent me fait comprendre qu’elle n’est pas japonaise, je vois d’ici ses parents, quelque part au Cambodge ou en Thaïlande, échanger leur fille qu’ils ne reverront plus contre une misère qui les fera survivre un mois de plus au mieux.
Ses mains glacées glissent dans ma nuque mais je reste de marbre, c’est une femme mais elle n’a même pas de formes, sa poitrine si j’ose appeler cette chose ainsi est quasiment inexistante et flasque, ses yeux creusés par les cernes et sa maigreur la fait ressembler a un squelette. Aucune sensualité, aucun charme, aucune forme langoureuse, elle ne mériterait même pas d’exister.

- Quel age as-tu ? Tu sembles jeune.

Sans prendre la peine d’attendre une réponse elle trouve dans la poche arrière de mon jean une liasse de billet, la glisse dans son décolleté et m’invite à la suivre en m’adressant un clin d’œil. Si tu crois être assez belle pour moi.
D’un geste sec je reprends mon argent et sans un mot je me dirige vers le groupe qu’elle a quitté pour venir me voir, ignorant les insultes qu’elle me lance. Elles sont toutes comme elle, à vomir. Je veux mieux que ça.

Je passe devant elles sans leur adresser le moindre regard et pénètre sans difficulté dans la boite de nuit, je dois être au goût des deux videurs.
A ma grande surprise le rez-de-chaussée fait simplement office de vestiaire, une femme dont le nombre de décoloration à donner à ses cheveux un aspect désordonnée et sec m’échange mon manteau contre un jeton. L'endroit est sale et démuni, comme des travaux laissés à l'abandon à jamais inachevé. A sa droite un petit escalier exigu s’enfonce dans ce qui dut être, fut un temps, une cave ; une lumière glauque, rougeâtre en jaillit et m’y entraîne. C’est avec des yeux avides que je m’y engouffre. Malgré sa petite taille quelques couples y sont entassés et se caressent me fixant d’un œil à la fois curieux et désintéressé, je passe sans leur prêter attention frôlant leur peau tiède, sale et en sueur. Enfin, j’accède à la salle principale, je serais bien incapable d’en déduire la taille, des corps collés les uns aux autres bougent au rythme de la musique dans un temps qui semble figé. Un large bar longe la salle par la droite, plusieurs barman lisent les commandes sur les lèvres des clients. Certains sont déjà effondrés devant leur verre, d'autres gisent au sol, plongés dans un profond sommeil éthylique, personne ne les ramasse.
Je me faufile à travers toutes ces ombres qui m’ignorent. La musique s’infiltre en moi et fait battre mon cœur à ses propres pulsations. Je passe entre toutes ces mains, ces hanches, ces torses dénudés, ces yeux qui me regardent parfois jaloux, parfois désireux.

Contre les murs plusieurs banquettes miteuses entourent des tables sur lesquels trônes des verres, billets, bouteilles vides et poussières blanches. Des hommes y sont assis et me lorgnent de leur regard mauvais, certains me sifflent sous les moqueries des prostitués qui sont lovées contre eux.
Certains d’entre eux son torse nus, et les tatouages qui les recouvrent m’indiquent que ce sont des yakuza. C’est la première fois que j’en vois, et pourtant, ils ne me font pas peur. Ils me fascinent, leur vie doit être passionnante. Aux antipodes de la robe sans plis de ma mère.

Soudain, je la vois. Ses boucles rousses, sa peau couverte de tâches de rousseurs, ses formes sensuelles, son regard impitoyable. C’est elle, elle que je cherche. Une occidentale, peut être même une européenne. La grâce et l’orgueil de ses ancêtres, la débauche d’une prostituée, tout me plait chez elle. L’enfer personnifié selon sa religion, quel honneur.

Ses pupilles vertes flamboyantes se faufilent dans les miennes et me fixent. Sans sentiment, sans expression, sans refléter le fond de sa pensé. Juste un regard, assez pénétrant pour vous mettre mal à l’aise. Pour vous faire comprendre qu’elle se mérite. Sans craintes et pleinement confiant, je pose ma liasse de billet sur sa table et lui offre mon sourire habituel. Elle s’écarte mais me prévient : elle n’est pas seule et son client va bientôt revenir. Sa voix suave et chaude n’a rien à voir avec celle, enfumée et nasillarde de l’autre prostituée, ni avec les gloussements stupides des lycéennes de bonnes familles, même son accent la rend charmante, tout semble être à son avantage.

Je m’installe près d’elle et la regarde, la détaille. Cela semble presque l’intriguer, elle me tend un verre en effleurant mes mains.
- Et alors ? Je te fais peur ?
- Non. Je te regarde.
- Pourquoi ?
Un demi sourire étire ses lèvres pulpeuses, comme si je ne venais de lui révéler mon plus grand secret.
- Parce que tu es belle.
- Pourquoi ne me touches-tu pas ?
- Je n’en ai pas envie.
- Dès l’instant où je t’ai aperçus, j’ai su que tu étais étrange…Mais j’aurais dû me douter que tu es gay.
Piqué au vif, je me raidis et fronce les sourcils.
- Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
- J’ai tort ?
- …
- A croire que je vous plais, mon client est comme toi, il n’aime pas les femmes.
Elle s’approcha de mon visage, le regard mesquin et murmura contre mes lèvres :
- Je suis sur qu’il va te plaire.
Je voulu répliquer mais ses deux émeraude quittèrent mon visage pour fixer un homme qui se tenait derrière moi et posa une main jeune mais ferme sur mon épaule.
- Qu’est-ce que tu fous là toi ?

Sublime, c’est le seul mot qui me vient à l’esprit pour le décrire. Il me toise de ses yeux sombres qui me donnent des frissons de plaisir. Son visage n’est pas d’une beauté exceptionnelle, des cernes creusent ses yeux, une large cicatrice déchire son visage de son cou jusqu’à sa joue droite et ses dents sont légèrement décalées. Mais je sens mon sang bouillonner en moi, il dégage une telle sensualité que j’en perds mes sens. Son torse nu est recouvert d’une fine couche de sueur, laisse voir un dragon qui apparaît de sous sa ceinture et contourne sa hanche jusque dans son dos. Un yakuza visiblement.

Devant mon absence de réponse il se tourne vers la prostituée et s’adressa à elle.
- Aurore, je t’avais dit de m’attendre.
Celle-ci lui répondit dans une langue étrangère, du français probablement, et tout deux engagent alors, une conversation, je pige rien, quel ennui. Mon regard se perd alors parmi les autres clients du bar. Pour la plupart des hommes, les seules femmes présentent étant des prostituées. Un groupe attire mon attention, ils sont une dizaine et leurs regards sont braqués sur nous.

Et sans que je le réalise vraiment, comme une scène au ralenti, comme le plan d’un film dans lequel je ne suis pas seulement spectateur, l’un d’entre eux sort de sa ceinture une arme à feux et pointe son canon vers nous. Un bruit assourdissant déchire mes tympans, la balle à frôler mon oreille. Mais à ce moment, je suis heureux…De l’imprévu, enfin, de l’imprévu, un sourire étire mes lèvres. Vous avez le droit de me prendre pour un cinglé.

La musique s’arrête, et durant une fraction de seconde la salle entière se noie dans le silence avant de plonger dans le chaos le plus total. Des cris de terreurs puis d’autres coups de feu, encore des cris, des corps qui se bousculent vers la sortie, d’autres qui tombent sous les tables, des fracas de verres, de bouteilles puis encore des coups de feu. Seuls les drogués ne bougent pas, regardant la scène d’un œil amusé derrière leurs pupilles dilatés.

Le bel homme dont j’ignore encore le nom est lui aussi armé. Derrière lui gît le corps de la belle prostituée, la première balle l’a touché, au ventre. Je vois sa poitrine se soulever difficilement par coups saccadés.
Le bel inconnu tente de la soulever pour l’emmener à l’abri mais elle le rejette d’un coup sec et se tient à la table, une main sur sa plaie ensanglantée. Son regard ne montre aucune douleur mais seulement la fierté d’un être qui préfère mourir que d’être trainé par un autre.
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Dim 7 Déc - 18:32

Comme paralysé parmi ce chaos de cris et de coup de feux je ne peux que la regarder, plein d’admiration. Et si cette main ne s’était pas emparé de la mienne, j’aurais sûrement finit sous une table, victime d’une balle perdue.
L’air glaciale qui s’infiltre dans mes narines me fait comprendre qu’on m’a sortit dehors, quelqu’un me bouscule, un autre piétine mes chaussures et il me semble avoir écrasé à mon tour un ivrogne. La main me lâche et la visière d’un casque brouille ma vision déjà si floue. Je suis sur le siège inconfortable d’une moto, mes bras entour une taille masculine dénudées qui me fait brûler d’envie, c’est lui, et son dragon tatoué qui me nargue de son regard mesquin.

Le vent qui fouette mon uniforme d’élève parfait me remet les idées en place, il roule vite mais personne ne nous poursuit. Nous arrivons dans les banlieues malfamées de Tokyo. Ca pue la misère à plein nez ici, les passants nous fixent de leur regard sans vie. Je sais qu’ils aimeraient tous être à ma place, et vivre dans la jolie ville pavillonnaire pour bourgeois cucul qu’est la mienne.
Je n’étais encore jamais allé dans un quartier aussi glauque. Les immeubles sont sales, il y a des graffitis, des murs tombent en ruine, des vitres brisées qui font hurler le vent.
- Bienvenu chez moi.
- Charmant.

Son appartement se trouve au troisième étage de l’un de ses immeubles qui semble sur le point de s’écrouler. L’intérieur est à la hauteur de l’extérieur : bordel, saleté embrouillé par la fumée qui flotte paisiblement, il ne doit pas souvent ouvrir ses fenêtres.
Dans un coin du salon, des volutes de fumée perturbent le flottement, un éventail tenu par une femme balaye la nicotine.
- Déjà de retour ?
- Ouais, et jt’avais dit de dégager il me semble.
La femme ferma son éventail d’un claquement sec et me détailla.
- T’es branché travelos lycéen en ce moment ?
- C’est ça.
Sans un mot de plus, la prostituée se lève et me frôle en me toisant du regard pour prendre son sac et s’en aller. Un seul mot me vient à l’esprit pour la décrire : hideuse. Le jeune yakuza semble remarquer mon regard critique.
- Oui je sais c’est pas la plus belle…Mais j’ai pas vraiment les moyens en ce moment vois-tu.
- C’est pour ça qu’on t’a tiré dessus tout à l’heure ?
- Tu comprends vite pour un élève d’un lycée friqué. Tu veux quelque chose ? alcool ?
Toi.
C’est ce que j’aurais probablement répondu s’il ne m’avait pas coupé le souffle lorsqu’il retira son jean et me dévoila ses longues jambes finement musclé.
Soyons honnêtes, j’avais l’air con. Et j’étais bien incapable de prononcer un mot.
Devant mon absence de réponse il n’insista pas et s’alluma une cigarette sans me prêter la moindre attention. Peut être a-t-il cru me choquer en se déshabillant ainsi devant moi. Charmer aurait été un terme plus approprié ou envoûté, ensorcelé, captivé, séduit, fasciné ?
- Ca te fait pas peur d’être dans l’appartement d’un méchant dealer ?
- Je devrais être effrayé ?
Il s’arrête un instant et me regarde d’un air amusé.
- Mais t’es qui toi ?
- Un gosse de riche.
- Qu’est-ce que tu fous dans mon appartement miteux ?
- C’est toi qui m’as emmené ici.
De nouveau un sourire amusé. Il s’approche d’un pas léger, comme pris au jeu dans lequel il m’entraîne je recule jusqu’au mur contre lequel il m’emprisonne, s’emparant d’abord de mes mains puis de mon cœur qui s’emballe comme une collégienne de 13 ans. Il me trouve particulièrement beau, il me demande ou j’ai pêché un regard pareil. Je lui réponds que les Dieux ont crées le monde puis Atsuaki Takeshima, et ils virent que cela était bon.

Je le fais rire. Trouvons un beau nom pour une si belle créature, il me surnomma Uruha.

On promet de ne s’aimer que soi même toute sa vie et un beau yakuza vous tombe dessus sans prévenir, vous tombez amoureux, vous êtes accro et vous oubliez votre promesse, vous êtes bien trop heureux.
J’allais à Tôkyô presque tous les soirs, je brillais d’imagination pour justifier mes sorties, l’image du fils et de l’élève parfait que je m’étais forgée pendant des années me rendait bien service.
Lorsque mes pieds foulaient le sol de Kabukichô le temps s’arrêtait et tous n’avaient d’yeux que pour moi, attendant même mon autorisation pour respirer. J’étais le roi de ce monde, je faisais la nuit et le jour, la pluie et le beau temps, j’avais ma cour et mes courtisans, mes soupirants mes admirateurs, mes adorateurs mais je ne me pavanais parmi la misère qu’au même bras tatoué.

On m’invite à toutes les fêtes, on me demande mon avis, Uruha de quelle couleur doivent être les verres ce soir ? Quel alcool va-t-on servir ? Toutes se coiffent comme moi mais aucune ne m’arrive à la cheville, je fais la mode, la défais le lendemain et la refais le mois suivant. C’est moi qui décide comment on s’habille ce soir. Je mets des Ray-ban on met des Ray-ban. Je veux du Dior, du Channel, t’es qui toi avec ton Gucci toi, dégage. Tiens, je mettrais bien du Gucci ce soir. Les marques de riche c’est moche je veux pas en voir, jette-moi tout ça. Mettons des strass à nos portables, enlevons les c’est d’un kitsch. On se parfume au Bvlgari. Qui a mis du Bvlgari ? Ca pue. Je ne dirige pas ce monde mais ils me suivent tous. Marie-Antoinette ça vous dit quelque chose ?

Il a touché le fond. C’est ce que mon père aurait dit s’il m’avait vu. Moi j’avais l’impression de voler.
Je bois jusqu’à en perdre la raison mais jamais ma majesté, je me drogue parfois mais je n’aime pas perdre le contrôle de moi-même. La piste de danse m’appartient, dès que je m’en approche on s’y écarte pour me regarder. Je finis mes soirées étalé dans un canapé entouré d’une dizaine de survivants à l’alcool qui fantasme sur mon image. Aurore est toujours derrière moi, elle me caresse les cheveux, elle veille, personne ne doit toucher à sa création. Mais quoi qu’il puisse arriver, je finissais toujours mes nuits avec le même homme.

Pour faire plaisir à sa belle créature le beau Yakuza dépensa beaucoup d’argent, il emprunta, s’endetta, s’enfonça dans des histoires sordides, s’attira des ennemis. Et stop. Du jour au lendemain je me retrouvais en mini-jupe à demander de l’argent à quiconque voulait toucher l’intouchable. Remplir un tant soit peu le ravin que mes caprices avaient creusé dans le compte de mon prince charmant. Et par la même occasion, éliminez tous ceux qui le creusaient un peu plus en lui réclamant du fric. Et l’Eternel le chassa du jardin d’Eden. Une phrase qu’Aurore me répétait souvent lorsqu’elle s’asseyait au bord du lit dans lequel je m’allongeais après avoir passer la nuit sous un vieux dégueulasse, lorsque Daisuke sortait de la pièce sans même un regard sur moi car d’autres y avaient posés leurs mains.

Je rentrais chez moi, des cernes dévastaient mon visage, mes deux meilleurs amis continuaient leur petite vie sans même se douter de la moindre parcelle de ma vie nocturne. Qui avait pris une telle proportion qu’il m’était vitale de montrer par quelque façon que ce soit ma souffrance, que je laissait hurler derrière mon sourire d’élève parfait et adulé. Pleurer sur une épaule n’était pas de mon ressort, ma fierté était la dernière gardienne de mon royaume en ruine mais elle tenait bon. Pourquoi c’est moi qui devrait souffrir ? Pourquoi un autre ne pourrait-il pas porter ce fardeau à ma place ?
Au fait, il y a un nouveau au lycée depuis hier.
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Dim 7 Déc - 21:06

han lala troooooop nyappyyyyyyy!!!!!!!! y'a la suiiiite :run:

et puis comme d'hab elle est géniale!!!
elle est super longue ça valait le coup d'attendre :awesome:

franchement t'as une facon d'écrire!!....c'est simple j'adooore!!!
bon allez maintenant jvais patienter pour avoir la suite

bizouuu
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Lun 8 Déc - 20:15

C'est toujours aussi bien !

Vivement la suite !
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Mar 9 Déc - 18:56

kyaaa t'es de retour =DD Ca fait plaisir ^w^
Merci pour la suite =P J'attend le reste avec impatience =)
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Ven 16 Jan - 20:53

papoum papoum papoum...
en attendant la suite je relis ta fic ^^
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Ven 16 Jan - 21:23

Moi auchi <3
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Ven 16 Jan - 21:36

Je l'ai relu déjà trois fois, même que je l'ai imprimé è.é
*s'est inscrit "sempai" sur les deux joues*
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Lun 26 Jan - 20:12

Chapitre 8
[Spécial Uruha]
Partie 2


Il arpente pour la énième fois les rues de Tôkyô rien n’a changé ici, jamais les mêmes passants mais tous semblables, tous le même pas, tous têtes baissées, tous vous bousculent, s’excusent vaguement et continuent leur chemin comme si s’arrêter était un affront au pays entier. Ils ne s’arrêtent même pas pour l’admirer.

Il prend un taxi, il a les moyens.
- Kawaguchi.
Le chauffeur règle son rétroviseur et détaille Uruha du regard, vérifiant si celui-ci a assez d’argent pour assurer sa course. Le jeune homme sort de sa poche une liasse de billets. Avec le temps il a appris que ces petits rectangles de papiers sont une sorte de formule magique qui vous donne accès à tout dans cet univers.
- Vous êtes sûr ?
- Absolument.
- C’est pas un quartier pour les gens comme vous, vous savez.
Uruha soupira d’agacement et posa sa tête contre la vitre sans prendre la peine de répondre. Les taxis, tous les mêmes. Des mecs seuls qui cherchent la compagnie de leurs clients.
- J’avais un cousin qui vivait là bas, figurez-vous qu’il vivait au-dessus d’un gang de yakuza ! Il faisait pas le fier !
Il regardait au dehors, le taxi avançait à peine, le trafic était bouché, comme toujours. Et le chauffeur débitait sa vie emmerdante, comme toujours.
- Vous êtes pas de Tôkyô vous hein ? Aucun Tokyoïte me demanderait d’aller là bas, tout ceux qui y vont n’ont pas de fric, sinon ils ne penseraient même pas à y aller…Vous êtes pas très bavard dites-moi ! Timide ? J’avais une tante comme vous, pas moyen de lui décrocher un mot !
- Les gens qui ont du fric, qui se rendent dans ce genre d’endroit et ne sont pas bavards, ils risqueraient de devoir tuer quelqu’un s’ils en disent trop sur eux.
Le chauffeur ne prononça plus un mot de tout le trajet, ratatiné derrière son volant c’était à peine s’il osait respirer. Une demi-heure plus tard, il fit arrêter le taxi devant un immeuble qui semblait sur le point de s’écrouler mais qui pourtant se tenait là depuis des décennies.

Alors que la voiture s’éloignait au plus vite pour sortir de cet endroit infâme, Uruha entra dans l’immeuble et se rendit au 5ème étage. Il passa devant l’ascenseur bancal à moitié enfoncé dans le sol, dont les néons projetaient une faible lumière malade et tremblante. En gravissant les marches suintantes de l’escalier il entendait ça et là la vie des quelques appartements pas assez insalubres pour être encore vides. La violente dispute d’un couple de drogués, les braillements d’un bébé abandonné par sa mère qui devait sans doute pourrir dans une ruelle de Tôkyô, une pute et son client en pleine activité commerciale. Arrivé à bon port il poussa la porte qui émit un grincement sonore dans les couloirs vides de l’étage et posa son sac à l’entrée. Il n’était pas seul, quelqu’un dormait dans la chambre.

D’un geste de main il chassa la fumée de nicotine qui s’infiltrait dans ses narines et progressa parmi le désordre qui régnait en maître dans la pièce. En baissant les yeux il repéra un soutien gorge et le ramassa du bout des doigts, comme si celui-ci allait lui transmettre la peste. Il l’empoigna avec vivacité et ses yeux se posèrent sur une silhouette féminine étendue par-dessus les draps.

Ses sourcils se froncèrent dangereusement, une vague de jalousie furieuse l’envahit et un sourire dément orna ses lèvres. Il monta délicatement sur le lit et s’approcha de la jeune femme qui était sans doute une des nombreuses prostituées qui passent dans le lit de Daisuke. Uruha les haïssait toutes.

Il posa une douce main sur sa taille et se pencha sur son visage, assez pour sentir l’immonde odeur d’alcool qu’elle dégageait.
- Tu es moche, tu ne m’arrive même pas à la cheville, il est à moi.
Il se redressa et s’éloigna de la jeune femme qui dormait toujours profondément et se rendit dans sa pièce. Un petit débarras où Uruha entassait le maquillage et les vêtements qu’il ne pouvait cacher chez lui. Il y avait également un petit lavabo et une baignoire dans laquelle Daisuke allait rejoindre le jeune blond parfois. De rares instants qu’Uruha ne se lassait pas de savourer.

En allumant la lumière, diffusée par une simple ampoule qui se balançait au bout d’un fil incertain, il s’aperçut que quelqu’un d’autre que lui était venu ici. Daisuke ? Peu probable, il ne venait jamais dans le « royaume » d’Uruha. Ses doutes se confirmèrent lorsqu’il vit un string rouge à dentelles pendu à son paravent, pas le genre de son yakuza. Il s’en empara et le sentit, bien entendu il était sale.

Uruha entra alors dans ce que l’on appelle communément une colère noire, l’expression la plus proche du sentiment qu’il éprouvait et à dire vrai, c’était un bel euphémisme.
Il sortit de la pièce en claquant violemment la porte – ce qui ne réveilla pas plus la prostituée – et se rendit dans la salle de bain jetant rageusement les deux sous-vêtements au sol. Il sortit de sa poche arrière un petit briquet et fit naître une petite flamme sur le tissu blanc du soutien gorge. Lorsque la flamme fut assez conséquente il y approcha une cigarette et s’accroupit en regardant le tissu prendre feu ; le brasier se reflétant dans son regard fou.
Il se releva et glissa gracieusement vers la chambre, prenant au passage une paire de ciseaux qui gisait depuis des mois sur un meuble. Son ombre arpentait les murs au rythme des phares des rares voitures qui circulaient au dehors. Il s’arrêta au pied du lit et souleva le visage de la jeune femme par les cheveux qui se contenta de gémir sans pour autant ouvrir un œil.
- Pauvre idiote...

Il plaqua la lame froide du ciseau contre la gorge de la prostituée et lorsque quelques gouttes de sang glissèrent jusque sur sa poitrine il retira la lame. Daisuke lui en voudrait sûrement s’il tuait cette dépravée. Il décida alors, d’au moins s’amuser et coupa les cheveux décolorés de la femme comme on le ferait à une poupée. Tenant la poignée de cheveux, il admira le résultat et éclata de rire avant d’aller jeter les mèches blondes avec le reste dans le feu qui commençait à rendre l’appartement encore plus irrespirable qu’il ne l’était déjà.

- Uruha, c’est toi ?

Un grand sourire illumina le visage du jeune blond lorsqu’il entendit cette voix l’appeler.

- C’est quoi cette fumée ? T’as encore fait cramer ma bouffe ?

Il apparut dans la salle de bain et écarquilla les yeux. Uruha était de l’autre côté du feu, assis en tailleur et lui souriait plein d’innocence. Daisuke n’avait pas changé, mis à part ses cheveux bruns clair qui avaient poussé. Sa cicatrice montait toujours sur sa joue et les tatouages recouvraient toujours son torse qu’Uruha aimait admirer par-dessus tout.

- C’est quoi ça ? Qu’est-ce que t’as encore foutu ?!

Le jeune homme s’empara d’une bassine et versa l’eau douteuse qui y dormait sur le feu.

- T’es complètement cinglé ! Tu voulais nous…

Un cri d’horreur provenant de la chambre l’interrompit. Daisuke poussa un long soupir résigné et regarda le blond.
- Qu’est-ce que tu lui as fait ?
- Elle est allée dans ma pièce. Tu l’as laissée aller dans ma pièce.
Daisuke haussa les épaules.
- Je lui avais pourtant dit de ne pas le faire.
En réalité, Uruha se fichait éperdument de sa pièce, ce qu’il reprochait à cette fille c’était d’avoir profité du corps de son Daisuke ne serait-ce qu’une heure, un affront qu’il ne fallait pas commettre. Hors d’elle, la prostituée entra dans la salle de bain, se tenant le peu de cheveux qui lui restait.
- QUI A FAIT CA ?!
Elle regarda d’abord Daisuke puis ses yeux se posèrent sur Uruha qui lui adressa un sourire charmeur.
- C’EST TOI ?! ESPECE DE PTIT MERDEUX !!
Elle voulut gifler son rival mais un bras puissant l’en empêcha.
- Je t’interdis de lever la main sur lui.
- Mais Dai !! Regarde ce qu’il m’a fait !!
- Je t’avais dit de ne pas aller dans sa pièce, tu l’as fait. De toute façon cheveux ou pas ça change rien t’es toujours aussi laide, dégage.

Elle s’arrêta net, des larmes de rage et de honte glissant sur ses joues. Uruha lui tendit ses sous-vêtements calcinés, une expression triomphante sur le visage. La jeune femme les prit rageusement puis s’enfuit rapidement.
Daisuke soupira de nouveau et emmena Uruha dans sa pièce pour vérifier qu’il était présentable, ou, une fois de plus, s’extasier devant sa beauté.
- A cause de toi plus aucune pute ne va vouloir se faire baiser par moi.
- T’en as pas besoin.
- Ta jalousie est dangereuse.
- Je ne suis pas jaloux, elle n’avait qu’à faire attention où elle met les pieds.

Le yakuza ne répondit rien et continuait de vérifier si Uruha était irréprochable, regardant ses mains longues et fines, son ventre svelte, ses cuisses androgynes et son visage envoûtant. Bien sûr, Uruha était, comme toujours, parfait ; mais c’était là, la meilleure excuse que Daisuke avait inventé pour pouvoir le toucher encore, encore et encore. Ainsi que la meilleure excuse pour l’autre de sentir ces mains le parcourir inlassablement.

- On peut y aller, Aurore nous attend, on va a la pêche au gros aujourd’hui.
- Qui ?
- Akira.
Un frisson de plaisir et d’effroi mêlés parcourut l’échine d’Uruha. Akira, le chef de l’un des gangs de Yakuza les plus redoutés de la capitale. Daisuke s’en était fait un nouvel ennemi, la magnifique parure de diamants qu’il avait offert à sa perle rare lui avait coûté terriblement cher.

De nouveau cette rue, Uruha la connaissait par cœur à présent.
Aurore était là, adossée au mur sale de la boîte de nuit. Elle ne fumait pas, Aurore n’avait jamais fumé, elle n’avait pas besoin de ça pour dégager sa classe naturelle. Elle les remarqua et s’approcha d’eux, marchant avec élégance. Comme toujours son parfum l’envoûtait. Il n’est rien quand elle est à ses côtés. Elle lui a tout appris, tout ce que sa mère n’a jamais su lui éduquer. Dix ans les séparent, son expérience se lit dans son regard mais son visage n’en a pas la moindre trace.

- Tu vas devoir être prudent aujourd’hui.
- Je sais. Il est comment ?
- Tu ne l’as jamais vu ? Dai, tu ne lui as jamais montré Akira ?
Celui-ci pour toute réponse émit un vague grognement mécontent, détournant son regard avec mépris. Aurore reporta son attention sur Uruha qu’elle parfuma légèrement et remit quelques-unes de ses mèches bien en place même si celles-ci ne devaient pas le rester bien longtemps si tout se passait selon leur plan.
- Akira… reprit-elle avec un léger sourire aux lèvres. C’est un homme non seulement puissant mais aussi d’une beauté à faire pâlir.
- Vraiment ?
Les yeux d’Uruha se teintèrent d’une lueur intéressée et il regarda Daisuke, dont le visage arborait une moue désapprobatrice.
- Faut pas en faire un monde non plus, il est pas si beau que ça.
- Jaloux.
Uruha ne s’engagea pas dans le débat, essayant de cacher sa profonde satisfaction à la vue de son Yakuza fou de jalousie. Les fins doigts d’Aurore se posèrent sur le bas de son dos tandis qu’elle l’encourageait à entrer dans la boîte de nuit.
- Il est temps de passer à l’action, Dai va te suivre pour te montrer la cible, mais ne t’en fais pas, tu le repéreras bien assez tôt.

Aurore et Daisuke regardèrent leur protégé disparaître dans le halo rougeâtre du bâtiment. La jeune femme regarda son ami et le pointa du doigt comme on le ferait à un enfant.
- T’es encore amoureux de lui, crétin.
Celui-ci ne répondit rien, se contentant de fixer le point où il avait aperçu le dernier pan de la jupe d’Uruha.
- Pourquoi tu lui fais faire des trucs pareils si tu l’aimes ?
- Je suis pas un héros, je suis pas le Yakuza vertueux au grand cœur qui refuse que celui qu’il aime l’aide de cette façon. Si Uruha n’était pas là, je serais mort à l’heure qu’il est. J’ai pas le choix.
- Quelle triste histoire, j’en ai presque la larme à l’œil.
- Hilarant.
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Lun 26 Jan - 20:12

- Allez vas-y, sinon l’autre va te le piquer.

Lorsque les longues jambes d’Uruha foulèrent la piste de danse le monde entier n’eut d’yeux que pour lui. Les corps qui s’animaient sur la piste se figeaient à son passage comme témoin d’une apparition divine. Chacun de leurs sens étaient mis en éveil par la créature qui passait devant eux sans même leur accorder un regard. Son parfum s’infiltrait dans leurs narines et comme une drogue les rendait fous d’envie de le sentir à nouveau. Le silence s’imposait à leurs tympans, nul son ne leur parvenait tant que le charisme du jeune blond les aveuglait.
Les joueurs de poker clandestins levaient leurs yeux du jeu, les prostituées jalouses le toisaient d’un regard mauvais. Mais Uruha n’y prêtait guère attention cherchant Daisuke de ses iris dorés.

Celui-ci, adossé à la paroi de béton de la pièce le regardait passer. Lui était invisible on ne le voyait pas, cet homme au visage durci par les bas quartiers de Tôkyô. Et pourtant, Uruha n’avait d’yeux que pour lui, il attendait le signal, il attendait que sa cible soit désignée. Il attendait et comme à chaque fois, comme un rituel, son estomac se serrait mais il n’en laissait aucune trace visible sur son visage. Il avait peur. Il avait terriblement peur derrière son masque d’assurance et d’ennui perpétuel. Seule la vue de son yakuza le rassurait. Il risquait de mourir, il le savait. S’il était piégé c’était la fin. Et il s’en irait dans un monde inconnu. Un monde qui ne le fascinait pas. Un monde qui ne l’attirait pas. Il était bien, là, dans cet endroit puant la sueur, l’alcool et la cigarette. Il était bien, là bas, dans cet appartement enfumé où chaque objet était imprégné de son odeur.

Soudain, son protecteur lui indiqua d’un bref geste de la tête un groupe d’hommes, leur proie se trouvait parmi eux et Uruha n’eut même pas besoin de le chercher. On ne pouvait passer à côté d’un tel charme. Ce genre de personnes qui d’un regard vous pénètre par chacun des pores de votre peau et touche l’ensemble de votre système nerveux à vous en faire exploser. Il lança un bref regard en arrière, Daisuke avait déjà disparu dans la foule. Il était seul. Il était terrorisé.

Akira le regardait, Uruha le sentait, comme deux mains qui caressaient d’une façon douce mais dangereuse son dos, lentement il se retourna pour lui faire face et ne pas baisser les yeux, surtout ne pas baisser les yeux, sinon il ne viendrait pas.
L’homme se détacha de son groupe pour s’avancer vers Uruha, ses yeux n’exprimaient rien, mais un demi-sourire flottait sur ses lèvres. Le jeune blond pressentit alors que son adversaire était au moins aussi fou que lui. Il fit semblant de paraître totalement indifférent mais recula d’un pas quand Akira ne se trouvait plus qu’à quelques centimètres de lui.
Il fut parcouru d’un frisson. Lequel des deux serait l’assassin de l’autre ?

- Qui es-tu ?
- Quelle importance ?
- Tu es ravissant. Cela faisait longtemps que je n’étais pas venu à Tôkyô, quel dommage.
Tandis qu’il parlait le yakuza n’hésitait pas à le toucher, comme pour évaluer la qualité d’une marchandise. Uruha en avait l’habitude, venant d’un client cela le dégoûtait, mais pas cette fois, cette fois il avait peur. Cependant, cette voix, jamais il ne s’en lasserait, suave et douce, elle se glisse dans vos tympans et y laisse un sentiment amer de frustration.

En regardant par-dessus l’épaule de son ennemi, il croisa le regard de Daisuke, jaloux, terriblement jaloux.
Et il était satisfait, Uruha adorait rendre jaloux, parce qu’Uruha se complaisait à envahir un cerveau humain et à y imposer son image divine d’une façon permanente. Il aimait être une drogue, quelque chose dont on ne peut plus se passer à en devenir fou.

Sa proie, son futur drogué, lui proposa contre une belle somme d’argent de lui accorder un moment de calme dans un endroit plus paisible et plus intime. Sa seigneurie se laissa donc emmener à l’étage de l’immeuble délabré par un petit escalier sombre – c’était probablement mieux ainsi d’ailleurs – s’achevant dans un couloir bordé de chambres. Une dizaine environ, Uruha les connaissait toutes mais il se dirigea naturellement vers sa favorite, tout au fond à droite. Malheureusement celle-ci était occupée et des sons bien habituels aux oreilles d’Uruha s’en échappaient.

Il s’accrocha au bras d’Akira, ornant son regard d’une lueur triste et adorable.

- Je voulais celle-ci…
- Pourquoi ? Elles sont toutes semblables.
Uruha se tortilla sur place, posant son menton sur son épaule amadouant le yakuza en signe de caprice.
- Parce que c’est ma préférée…
- Très bien.

Il écarta doucement le jeune blond de lui dégainant une arme de sa ceinture et à peine avait-il ouvert la porte que deux coups retentirent et un sang épais et noir s’écoulait sur le parquet qui l’absorbait tel une éponge.
Uruha qui croyait avoir tout vu de sa courte vie recula d’un pas, étouffant un cri de surprise au fond de sa gorge. Cet homme était bel et bien fou, peut être même plus qu’il ne l’était lui-même. Et cela l’effrayait autant qu’il en était fasciné.

Des têtes apparurent des autres chambres mais Akira les incita poliment –et avec son arme en bon argument- à ne pas s’inquiéter et à retourner à leurs occupations. Il invita également Uruha à le rejoindre en lui tendant sa main non armée.
Celui-ci était fortement tenté de le suivre, sa folie l’attirait irrémédiablement, mais il eut un moment d’hésitation…Enfouie au plus profond de son être sa conscience qu’il avait depuis longtemps bâillonnée l’avertissait du danger.
Jamais il ne l’avait écoutée, et il n’allait pas commencer aujourd’hui, aussi il prit la main qu’on lui tendait et suivit le Yakuza.

D’une façon qui relevait d'une expérience et d'une dextérité certaine, Uruha repoussa sa proie sur le lit qui trônait au milieu de la salle, les corps figés dans leurs ultimes gestes semblaient les fixer de leurs yeux emprunts de terreur mais cela ne gênait nullement le yakuza et son jeune androgyne.
Cette petite pièce aux allures de love hotel était le théâtre parfait de son futur meurtre. Il aimait faire ça dans le luxe. L'homme qui paraissait ne rien lire des desseins du jeune blond à travers ses pupilles flegmatiques, le regardait avec un sourire mêlant satisfaction et ironie. Assis il déposa ses longues mains glacées sur le dos des cuisses de sa nouvelle prostituée et l'attira ainsi contre son torse tandis que le blond le laissait opérer avec un dédain qui ne tarda pas à frustrer le yakuza.

C’était Uruha qui menait la danse, toujours.

- Princesse je te paye alors sois gentil tu veux ?
- C’est quand Je veux.
Akira sourit et posa ses lèvres sur son ventre, son souffle chaud le chatouillait tandis qu’il mordillait habilement sa peau comme l’on croquerait dans une pêche.
- Tu me plais beaucoup.
En réalité Uruha cherchait une arme, un moyen de tuer cet homme au moment venu. Mais les lèvres terriblement expertes de l’homme empêchaient toute concentration. D’ailleurs, le visage de celui-ci avait déjà disparu sous sa jupe et ses dents faisaient glisser le tissu de son sous vêtement le long de ses infinies jambes. Uruha se raccrochait à ses épaules pour rester debout et maître de lui-même tandis qu’une chaleur brûlante torturait son ventre et se répandit jusque sur son visage qui s’empourpra.

Ses yeux s’attardèrent sur l’arme à feu qu’Akira avait (idiotement ?) posé sur la petite table de nuit du lit.
Il aurait pu s’en saisir, l’autre n’aurait rien vu et il l’aurait tué dans la seconde. Mais il en fut incapable. Incapable parce qu’une langue tiède et humide remontait entre ses cuisses. Et pourtant, c’était loin d’être la première fois qu’il sentait ainsi ce morceau de chair parcourir sa peau. Cependant, cette fois il ne put empêcher un ridicule miaulement de plaisir de s’échapper de ses lèvres.

Il défaillit et manqua de tomber en arrière, des ondes d’extase parcouraient son corps et lui faisaient perdre ses sens.
Akira posa ses longues mains sur ses interminables jambes et le fit doucement basculer sur le lit. Ses lèvres glissèrent sur le visage du blond de son front à la courbe de son nez, il lui donna enfin un baiser d’une douceur presque amoureuse qui déstabilisa Uruha.

Le yakuza descendit lentement vers son nombril touchant seulement les parcelles de peau dénudée de cette créature d’une rare beauté. Il ne prit pas la peine de soulever sa courte jupe, son visage disparut sous le léger tissu et il offrit à Uruha la plus belle fellation qu’il lui avait été donné de ressentir.

Pendant que le jeune prostitué regardait l’arme salvatrice entre deux plaintes de ravissement elle était là, tranquillement posée entre une lampe de chevet et un vieux cendrier. Il n’avait qu’à tendre la main et tuer cet homme horrible…Horriblement beau, terriblement sensuel, affreusement…Doué.

Il s’engagea alors dans une véritable guerre envers lui-même, résistait à la tentation de se laisser porter par son plaisir. Il fixait l’objet mais sa main ne se tendait pas, et à vrai dire, il n’était même pas certain d’en avoir vraiment envie. Son corps qui s’arquait avec brutalité lui ordonnait de faire durer ce plaisir assourdissant. C’était une simple histoire de volonté, il le savait. Mais celle-ci était mise à très rude épreuve.
Le regard jaloux de Daisuke apparut quelque part dans sa mémoire et s’imposa à lui. S’il tuait Akira, c’était la fin de leurs problèmes, il pourrait aimer et se faire aimer. Il ne serait plus forcé de sentir et de voir des corps de vieux pervers qui le faisaient vomir. Il serait de nouveau libre, il quitterait ses parents et sa banlieue tout aussi vomitive pour vivre avec Daisuke et rester auprès de lui autant de temps qu’il le désire.

Sa main se posa enfin sur le canon glacé de l’arme et un sourire étira ses lèvres pulpeuses, il était fier de lui. Fier de ne pas avoir cédé au plaisir et à la paresse. Sa main glissa lentement jusqu’à la gâchette et il souleva avec une lenteur extrême pour ne pas éveiller les soupçons du Yakuza. Mais ses gestes étaient rendus maladroits par l’extase qui le gagnait, déferlant depuis le bas de son ventre.
Il tenta de se concentrer pour ne pas faillir à sa mission mais son sang se glaça lorsque les doigts d’Akira s’enroulèrent autour de son poignet.
Son visage se retrouva planté au dessus du sien à une vitesse qui effraya le jeune blond. Son sourire fou et ses pupilles démentes instaurèrent la terreur dans le cœur d’Uruha qui s’emballa furieusement.

- Je me demandais quand tu allais te décider. Tu en as mis du temps.

Uruha ne fut pas capable de prononcer un mot, pour la première fois de sa vie il se retrouvait à la place de sa victime et comprit à quel point il pouvait être effrayant.
L’arme glissa de sa main et s’écrasa au sol dans un bruit sourd tandis qu’Akira glissait ses lèvres contre son oreille.

- Tu avais l’air de tellement adorer ce que je te faisais que je pensais que tu ne passerais jamais à l’acte.

Le jeune blond tenta de se débattre tandis que le yakuza collait un téléphone portable à son oreille le maintenant sans peine avec l’aide d’une seule main. Il eut une brève conversation avec son interlocuteur puis sourit de façon démentielle à Uruha qu’il jeta au sol.
Celui-ci tenta de se redresser, boitant à moitié, se sentant terriblement faible et impuissant. Akira le regardait faire, ne cillant pas. Le jeune blond ne chercha pas à en comprendre la raison, tendant sa main vers la poignée de la porte. Mais celle-ci s’ouvrit avant même qu’il ne l’ait effleurée.
Environ 5 hommes, des yakuza eux aussi au vu de leurs nombreux tatouages firent irruption dans la chambre. Uruha rampa bien vite vers le fond de la chambre, terrorisé mais une main s’empara de sa cheville et le tira, une autre agrippa ses cheveux et leva le visage du jeune blond qui se retrouva nez à nez avec Akira.

- Je ne sais pas pour lequel de mes chers amis tu travailles mais je le découvrirai bien assez tôt. Mes hommes vont s’amuser avec toi jusqu’à ce qu’il vienne te chercher.

Uruha craqua sous la pression et la peur et fondit en larmes. Akira s’alluma une cigarette et claqua des doigts, laissant ainsi carte blanche à ses hommes qui braillèrent de satisfaction.
Le lycéen tenta de nouveau de s’enfuir, ses jambes l’entrainant dans un pur instinct de survie loin de cet enfer. Il fut violemment plaqué au sol, suffoquant de douleur, son corps désespéré refusait d’écouter son esprit déjà vaincu et ses mains qu’il apercevait à travers un nuage brumeux se tendaient vers la porte qui lui restait fermée. Il fut traîné sur le lit, de puissants bras l’y emprisonnèrent.
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Lun 26 Jan - 20:13

Une heure, deux heures, une nuit entière, il ne sut pas combien de temps ces hommes abusèrent, chacun leur tour, chacun à leur façon, de lui. Chaque douleur lancinante que subissait son corps éloignait son âme, blessé dans sa fierté, humilié dans sa majesté, diamant traité comme une vulgaire pierre.

Soudain, un bruit vif et sourd se fit entendre et une fumée blanche suffocante envahit la pièce. La main d’Aurore s’empara de son bras et l’emmena en dehors de ce piège mortel. Il entendait des cris de rage et de protestation s’éloigner et se sentit trainé sur une longue distance, ayant l’impression de passer de mains en mains sans savoir où on l’emmenait, plongé dans une torpeur dont il n’arrivait pas à s’extraire, dont il ne voulait pas s’extraire.

- Tu crois qu’ils l’ont drogué ?
- Je sais pas…Uruha, il t’a donné à boire ?

Des voix résonnaient en lui, mais elles ricochaient contre ses entrailles sans qu’il ne parvienne à en saisir le sens. Il essayait de parler, mais ses lèvres semblaient s’être chargées de plomb, il lui était impossible de les bouger. Sa main se referma faiblement sur celle d’Aurore qui était posée sur son ventre. Il avait peur qu’on le laisse seul.

Il entendit vaguement les bribes d'une dispute qui venait d'éclater, n'en saisit pas le sens, il avait l'impression de venir d'un autre monde.

- Je t’avais dit que c’était trop dangereux !
- Je ne pensais pas qu’il devinerait !

La brume qui s’était formée dans l’esprit d’Uruha se dissipait lentement laissant place à un brouillard d’une autre sorte : celui de la chambre de Daisuke. Le jeune blond n’avait pas le souvenir d’avoir été transporté de la boîte de nuit jusqu’ici mais qu’importe, il se souvint de ce qui s’était passé avant, et pris de peur et d’humiliation il fondit en larmes, ramenant maladroitement la couverture contre son corps pour se cacher d’un ennemi invisible.

Les deux adultes interrompirent leur discussion et Aurore arriva la première près d’Uruha le prenant tendrement entre ses bras rassurants, lui caressant les cheveux en le berçant pour qu’il se calme. Daisuke était resté sur le pas de la porte, regardant son Uruha craquer, refoulant la tristesse de son regard. La jeune femme lui fit signe de s’approcher et le yakuza ne se fit pas prier pour lui obéir.
Il s’assit aux côtés de son jeune blond, échangeant sa place avec Aurore qui jugea bon de s’éclipser discrètement de l’appartement. Daisuke passa maladroitement ses bras autour d’Uruha avec une tendresse qu’il avait depuis trop longtemps perdu et qu’il était bien heureux de retrouver. Il laissa libre cours à ses larmes qui le lavaient doucement de sa peur. Car il devait se l’avouer, il avait eu peur, très peur.

Et petit à petit la masse de plomb qui s’était logée en lui disparut, il se sentit d’abord léger, un bien fou l’envahit, il était de nouveau maître de lui-même et de son corps, son corps qu’on avait entaché, son corps si parfait qu’on avait manipulé sans précaution aucune, comme celui d’une simple pute de basse catégorie. Il méritait d’être vénéré, d’être touché comme du cristal, d’être regardé comme une œuvre d’art. Ces hommes l’avaient tout simplement profané, c’était inacceptable, intolérable. Transporté par une vague de colère avide de vengeance ses fins sourcils se froncèrent et il chercha l’approbation dans le regard du yakuza qui entourait ses frêles épaules comme on garde un trésor.

- Ils m’ont humilié…Moi.

Le yakuza ne fut guère surpris de sa plainte et réprima un sourire, l’égo surdimensionné d’Uruha prenait toujours le dessus quoi qu’il arrive, ce qui était plutôt rassurant.

- Personne n’a le pouvoir de t’humilier. Ils ne pourraient pas t’atteindre même en gravissant des montagnes. Je n’aurais jamais dû te laisser seul avec ce type. Tu es à moi.

Uruha ne put s’empêcher de sourire à son tour, osant glisser ses doigts dans ses cheveux. Daisuke trouvait toujours les bons mots pour lui faire plaisir, il avait le don de dire ce qu’Uruha voulait toujours entendre.

- Je croyais que tu ne m’aimais plus.
- Il est déjà assez difficile de résister à ton charme, s’il faut en plus s’en défaire...
- Tu sais parler à Uruha, répliqua celui-ci avec orgueil.

Daisuke bascula pour se retrouver au dessus de lui. Uruha eut alors l’impression de revenir des mois en arrière, lorsqu’ils s’autorisaient des nuits d’intimité plusieurs fois par mois et parfois même, par semaine.
Il se pencha et vola un baiser à sa belle créature effleurant ses cuisses du bout des doigts. Il lui céda un deuxième baiser, puis un troisième, leurs lèvres se battant en duel avec amour. Uruha ne se lassait pas d’écouter ne serait-ce que la simple respiration de son yakuza, son souffle lui manquant lorsque leurs baisers s’éternisaient.
Ses mains pâles contrastaient avec la peau hâlée du dos qu’il caressait, elle était beaucoup moins douce que la sienne mais il s’en fichait, il l’aimait comme ça.
Les gestes se firent de plus en plus passionnés et violents puis se calmèrent et devinrent doux. Uruha posa son visage près du sien, leur nez se frôlant. Et il tomba dans les bras de Morphée, ceux de son Yakuza enlaçant ses épaules.


Le lendemain, les hurlements de sérénade d’un homme ivre mort dans la rue réveillèrent un Uruha qui communiqua son mécontentement au monde entier par un grognement. Etendu en croix, sur le ventre, dans le large lit, il jeta un oreiller sur la fenêtre en marmonnant un « ta gueule » qui ne fit aucun effet.
Une main masculine se posa doucement sur le creux de son dos dénudé.

- Il te gêne ? Ca fait une demi-heure qu’il braille.

Uruha leva les yeux vers son beau yakuza. Déjà habillé, cigarette en bouche il regardait sa belle créature s’éveiller et lui sourire innocemment. Celle-ci l’enlaça nonchalamment tandis qu’il se baissait pour lui donner un baiser.

- J’aime bien me réveiller dans le calme...
- A ton service ma belle.

Daisuke prit une bouteille de bière vide et la lança sur l’homme en contrebas qui pesta.

- T’as fini de faire danser le monde ?

Un flot d’insultes à l’encontre du Yakuza se fit entendre dans toute la rue tandis que celui-ci, impassible l’écoutait les bras croisés sur son torse dénudé.
Uruha s’enroula dans la grande couverture et se rendit à la fenêtre, posant son menton sur l’épaule du yakuza en observant d’un air ennuyé l’homme ivre qui siffla en le voyant.

- Canon ! Tu descends chérie ?

Uruha lui adressa un sourire charmeur que Daisuke, bouillonnant de rage, ne vit pas.

- Il est à moi, dégage, va brailler ailleurs.
- Oh, c’pas à toi que j’cause laisse la belle demoiselle… décider !

Daisuke pointa froidement son arme et tira une balle qui alla se loger dans le cou de l’ivrogne qui s’effondra, raide mort.

- Cette belle demoiselle est ma prisonnière.

Uruha lui adressa un sourire satisfait et l’embrassa sur la joue avant d’aller se remettre dans le lit.

- Oh non ne te recouche pas ! Ton train part dans 2 heures.

Uruha grogna mais obéit sagement, le soleil n’était pas encore levé, mais il devait arriver à temps pour aller en cours. Passage obligatoire par sa petite baignoire, les odeurs malsaines qui lui collaient à la peau feraient tâche dans un petit lycée privé de sa banlieue tranquille.
Il fut bien vite rejoint par Daisuke qui se glissa dans le bain et l’attira contre lui par la taille sans lui demander son avis. Uruha était surpris, cela faisait des mois que son Yakuza ne lui avait pas accordé autant d’attention et d’affection. Il en vint à penser qu’au final les évènements de la veille avaient eu du bon.

Un silence agréable s’installa entre eux tandis que le yakuza ne se lassait pas de la peau d’Uruha. Celui-ci se laissait aller à ces caresses qui avaient la vertu de le détendre au maximum. Son visage à moitié immergé il commençait à s’assoupir ne sentant plus que les baisers que son yakuza déposait sur ses épaules. Au bout d’un long moment qui parut moins d’une seconde à Uruha Daisuke le sortit du bain. Le jeune blond se laissa sécher, habiller, coiffer comme une princesse. Il aimait tellement qu’on s’occupe de lui. Daisuke aimait tellement s’occuper de lui.

Tous deux prêts ils sortirent de l’immeuble, enjambant le cadavre de l’homme qui avait eu l’audace de draguer Uruha. Daisuke héla un taxi et s’installa à l’arrière avec le jeune blond, passant sans gêne aucune son bras autour de ses épaules tandis qu’Uruha se calait contre son torse.

- La gare.
- Bien monsieur.
Ce taxi là n’avait pas l’air bavard, et pourtant, c’était celui-là même qu’il avait pris la veille. Il se contentait d’observer le couple à travers son rétroviseur d’un regard méfiant. Ses tatouages, sa cicatrice, son regard glacé de menaces qui plaisaient tant à Uruha avaient le formidable don de mettre mal à l’aise les gens, et de leur foutre la paix.

Uruha était la seule personne qui avait du pouvoir sur son yakuza, mais il n’interférait jamais dans ses affaires, cela l’ennuyait profondément. Si Daisuke courait à la ruine ce n’était pas par bêtise, il était loin de l’être et de même, les principales qualités qui lui avaient permis de s’enrichir étaient sa vivacité d’esprit, son intelligence et sa ruse. Mais il était amoureux, voire même, en admiration totale pour ce jeune lycéen qu’il voulait couvrir d’offrandes comme l’on traite une divinité.

Mais le plus beau cadeau que Daisuke lui avait fait, il l’avait découvert alors que son bel homme le rejoignait dans le bain de sa petite pièce. C’est là qu’il avait vu, gravé à tout jamais sur la peau de sa hanche droite le kanji de la beauté*, son kanji. Trace indélébile du culte que le yakuza lui vouait. Il l’aimait lui, et seulement lui. Personne d’autre n’avait sa place sur son corps, seulement lui, il l’avait marqué, c’était sa propriété, l’assurance que quelque part, il aurait toujours cette part d’amour, d’admiration, d’attachement sur quelqu’un.

Le taxi arriva dans ce lieu si familier, ce lieu constamment noir de monde, les braillements d’un mioche qui s’est paumé dans la foule, des salarymen comme s’il en pleuvait, des mendiants qui n’osent même pas faire la manche, des vieux pervers qui matent les sous vêtements de ces niaises de lycéennes. Daisuke enfila une simple veste noire par-dessus sa chemise. Mais cette veste sur ces épaules-ci devenait soudainement terriblement classe. Et ce n’était rien comparé à son propriétaire. Uruha en devenait possessif et jaloux de tous ces regards féminins. Bien sûr, les beaux, grands, classes et ténébreux jeunes hommes ayant tout juste dépassé la vingtaine faisaient leur petit effet, en particulier celui-ci avec ses yeux gris et son regard glacé.

Aurore était sur le quai, et restait immobile parmi la foule en mouvement, les attendant. Ses boucles rousses tombaient en cascade sur son tailleur noir, tailleur que beaucoup d’autres femmes portaient dans cette même gare, mais encore une fois portés par elle ces simples tissus dégageaient toute sa grâce et son raffinement. Uruha l’aimait comme cela, il en était fier, comme on est fier d’avoir une mère plus jolie que les autres.

Daisuke passa de nouveau un bras autour de lui et s’empara de sa main à la recherche de la voiture d’Uruha.

- Tu as ton billet ?
- Oui.

Uruha sentit une étrange déception chez son yakuza lorsqu’il répondit. Il sentit qu’il allait se passer quelque chose, ces marques d’affection voire de tendresse n’étaient pas habituelles. La main de l’autre se crispait sur la sienne, comme s’il avait peur que sa belle créature ne s’envole ou ne disparaisse dans la foule. Aurore marchait devant eux et Uruha voyait ses épaules tressaillire furtivement de temps à autres. Il voulut s’arrêter, mais ses pas ne lui obéissaient guère, comme un avertissement comme un « tu sais parfaitement ce qui se passe, inutile de fuir ». Ses doutes se transformèrent en certitude mais la part inconsciente de son âme n’en croyait pas un mot.
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Lun 26 Jan - 20:13

Faire semblant de n’avoir rien compris. C’est ce qu’il pensa lorsqu’ils arrivèrent devant la voiture d’Uruha, au milieu du quai. Celui-ci se détacha alors avec grande peine de Daisuke et leur adressa un sourire.

- On se rappelle quand vous aurez besoin de moi !

Il chercha dans les yeux d’Aurore une approbation mais celle-ci ne put le soutenir et ses pupilles allèrent s’échouer sur le bitume.
Son sourire se figea puis périt et des traits d’angoisse envahirent son visage.
- Demain soir ?..
- Non.
- Ce week end !
- Non Uruha.
- Lundi ! Ou Mercr…
- Uruha, ne reviens plus ici. Rentre chez toi et mène une vie normale. Retrouve tes amis, ta famille, ta vie de lycéen. Il ne faut plus qu’on se revoie. Je suis désolé de t’avoir fait subir tout ça.

Les mots tombèrent. Il l’avait deviné et pourtant il était surpris, choqué, triste, ravagé, dévasté. Il posa en geste désespéré ses lèvres sur celles de son yakuza qui le prit doucement par les épaules et l’écarta de lui. Une lueur de profonde tristesse se lisait dans ses yeux.

- Non Uruha. Ta place n’est pas ici, je n’aurais jamais dû t’entrainer là dedans, c’est fini à présent.

Uruha sentit la colère et une extrême frustration monter en lui.

- Bien sur que si ! C’est ici que j’ai trouvé ma place ! Je refuse de partir, tu m’entends ?!
- Monte dans ce train, c’est déjà assez dur…
- Ne me donne pas d’ordres, je fais ce que je veux.

Uruha n’eut pas le temps de croiser les bras qu’il reçut la première gifle de sa vie.
Il y a de ces instants que l’on jurerait qu’ils durent plus longtemps que les autres, c’était le cas pour celui-ci.
Choqué il fixa Daisuke dont les mains tremblaient de colère puis Aurore qui pour la première fois se montrait impuissante. Il sentit son monde s’écrouler tandis que ses joues s’empourpraient et des larmes naissaient au coin de ses yeux. Il regarda de ses yeux embués de chagrin Daisuke qui tendait une main triste vers son visage angélique. A peine les doigts du Yakuza effleurèrent sa peau meurtrie qu’il s’enfuit, s’engouffrant dans le train pour aller rejoindre sa place et se laisser aller à ses sanglots.

Des boucles rousses vinrent lui chatouiller le nez et de fins bras enlacèrent sa taille.
- Il fait ça pour ton bien.
- C’est pas « mon bien » justement.
- On a pas toujours conscience de son bien, particulièrement toi.

Uruha regarda la femme – et probablement la seule – qu’il respectait par-dessus tout. C’était toujours elle qui avait le dernier mot puisqu’elle avait toujours raison, aux yeux d’Uruha du moins. Celle-ci le gardait serré contre sa poitrine comme on le ferait à un enfant, caressant ses cheveux avec tendresse ne se souciant aucunement du regard choqué des autres passagers.
Un silence habituel s’installa entre eux, remplacé par des gestes qui signifiaient bien plus que des mots. Uruha réussit même à se détendre, s’installant dans une torpeur agréable, comme un fœtus dans le ventre de sa mère. C’était ce pourquoi il aimait tant Aurore, elle lui apportait ce que sa génitrice ne lui avait jamais donné.

- Tu viendras me voir ?
- Non.
- Je pourrai venir te voir ?
- Non Uruha.

De nouvelles larmes glissèrent sur les joues humides du jeune blond qui renforça son étreinte contre la jeune femme.

- Daisuke a raison, tu n’as pas ta place ici.
- Mais c’est toi qui m’as appris tout ça…
- J’ai commis une erreur, j’ai été aveuglée par ta maturité au point d’en oublier ton âge.

Il se sentait de nouveau oppressé, l’angoisse le prenait de toutes parts, lancinait son cœur et remplissait ses poumons de la petite perfection de sa mère qui allait bientôt l’envahir, ne lui laissant aucun échappatoire. Aurore posa une main douce sur son torse et le berça.

- Calme-toi…

Au dehors, l’agitation s’intensifiait et sur le quai un homme priait tous les passagers de monter dans le train qui allait bientôt démarrer. Aurore se leva à contre cœur et déposa un baiser sur le front d’Uruha. Celui-ci tenait son bras la suppliant du regard.

- Me laisse pas…
- Je dois partir.

Elle prit son visage entre ses mains, même elle ne résistait pas aux moues tristes de son protégé, terriblement tentée de céder à tous ses caprices.

- Je te promets qu’on se reverra.

Uruha sourit faiblement à travers ses larmes et la libéra de ses entraves, la regardant disparaître dans le sas du wagon. Il détourna son attention vers la fenêtre et aperçut deux iris argentés qui l’observaient. Sans attendre il colla les paumes de sa main et son front sur la vitre. Daisuke s’approcha, ignorant les ordres du chef de gare et fit de même. Puis Uruha colla ses lèvres contre le plexiglas, imité par le Yakuza, s’échangeant un baiser comme s’il n’y avait rien entre eux, se moquant éperdument des saletés qui pourraient bien s’y trouver.

Ce fut le démarrage du train qui les força à se quitter. Daisuke se recula et regarda son amant partir, immobile, s’efforçant en vain de ne pas regretter sa décision. De son côté Uruha resta debout jusqu’à ce que la gare ne fut plus visible puis se rassit fièrement après avoir envoyé balader cette vieille peau assise en face de lui qui lui faisait un cours de morale sur le respect.

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*Le kanji d’Uruha : 麗 signifie beauté en chinois.
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Lun 26 Jan - 22:14

J'ai pas fini de tout lire mais la je vais manger , mais je laisse un message pour dire que je suis trop happy que tu la continue <3
=D
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Invité
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Lun 26 Jan - 23:24

J'ai fini ! Trop trop bien ^w^

T'écris toujours aussi bien <3

C'est un plaisir de te lire , j'espère que tu pourra poster un peu plus souvent ! [ même si la tu nous a fait cadeau d'un chapitre impressionnant ^^ ]
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Mar 27 Jan - 20:23

C'est toujours aussi beau et émouvant !
Moi aussi j'éspère avoir bientôt la suite !
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Jeu 29 Jan - 20:04

    C'est ... Magnifique !
    Je viens de tous lire au lieu de faire mes devoirs, pas sage comme je suis C'est super, j'attends la suite ^^
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Invité
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Ven 6 Fév - 18:30

ou la vache quel chapitre!!!!!O_o
C'est tristounet quand même =(
Mais t'écrit toujours aussi bien ^^
j'attends la suite vec impatience comme d'hab ^^
biz la miss ^^
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MessageSujet: Re: Ijime [The Gazette] Aujourd'hui à 9:00

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